Red Spirit

Avec le temps

Classé dans : Non classé — 5 août, 2008 @ 15:18

Ses mains rêches, calleuses, devenues insensible avec le temps. Les ongles jaunis, la peau striée de ces années passées a supporter la terre, l’eau, la pierre, le fer. Des mains qu’il porterait comme un trophée ou une médaille, en souvenir, mais qui n’avaient plus la moindre utilité. Des mains miroir, des mains fantôme. Qui lui rappellent inlassablement dans quelle misère baigna son existence. C’était tout ce qui lui restait. Les souvenirs, volatils, ne pouvaient plus que s’imaginer en mots. Les photos d’époque lui paraissaient appartenir à d’autres, ses yeux âges et ridés n’en percevaient plus que quelques formes vulgaires: des traits, des contrastes, mais tous les visages avaient disparu un à un. Piétinés par l’indifférence la plus cruelle. 

Ses deux mains qui avaient, durant sa jeunesse, caressé multitude des petits êtres à poils et à plumes. Quand il glissait ses doigts dans leurs fourrures multicolores pour pouvoir s’imprégner un peu de leur si réconfortante douceur. Elles qui avaient joué durant des heures à faire glisser des tonnes de sable entre leurs doigts aussi purement que le filet d’eau qui s’échappe d’entre les roches. Elles avaient cueilli tellement de petites fleurs aux prémices du printemps, des belles cerises noires durant l’été, de grosses pommes lourdes de sucre en automne et s’étaient vues maintes fois blessées et gercées dans la neige de l’hiver.  Des mains de toute une vie. La tension qu’il avait ressenti la première fois que le bout de ses doigts avaient frôlé le corps d’une femme. La douceur exquise de sa peau nue, le satiné de ses longs cheveux dénoués, la moiteur de sa bouche et de son sexe troublés. Mais tout ça, il l’avait aujourd’hui perdu, oublié dans tant de soucis et de rancoeur. Tout comme ces enfants si souvent portés et câlinés, ces petits bébés qui furent les siens. Un jour au moins.  Et c’est justement ce matin, au moment ou il allait allumer sa pipe, qu’ il s’en rendît compte. Cette évidence le frappa en pleine tête: elles étaient mortes, définitivement.  

Il su au même moment, d’une terrible intuition, que c’est aujourd’hui que commençait sa vie de remords et de regrets. Abattu, il prit sa tête entre ses deux mains et sanglota, mais aucune larme ne parvint à couler. De ces larmes qui savent encore guérir les mains fanées…

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Un commentaire »

  1. rvallou dit :

    Bonsoir,
    C’est une magnifique chanson et majestueusement interprété. Un grand Monsieur. A chaque fois que j’écoute cette chanson, j’en ai des frissons et quelques larmes coulent en pensant à une personne qui m’était chère.
    Merci
    amicalement
    rvallou

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